dimanche 30 janvier 2011

DVD SHE A.- Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express, Herbert Ross, 1976

Note :Grrrrrrrrrr

L'histoire
Revenu au 221b Baker le Docteur Watson trouve son camarade en plein "Bad trip" du aux solutions à  7 % de cocaïne que ce dernier s'injecte pour palier à son manque d'activité psychique et pour noyer certaines de ses névroses. Se pensant poursuivi par le terrible professeur Moriarty, le limier est en train de sombrer dans une dépendance incontrolable. Quelle n'est pas la surprise de Watson lorsqu'il voit débarquer dans son cabinet Moriarty lui-même qui est en fait un timide professeur de mathématiques effrayé d'être traqué par Holmes. Souhaitant venir en aide à son ami, Watson avec l'aide Mycroft et Moriarty vont mettre en place un piège menant Holmes à Vienne chez Sigmund Freud seul capable de venir à bout des démons qui hantent le détective. DAns le même temps une traque pour sauver la vie d'une jeune femme va obliger Holmes à reprendre ses esprits et activer son rétablissement... mais les épreuves s'annoncent plus périlleuses que prévues et pourraient venir à bout des hommes de bien les plus brillants.

Mon avis
Voilà Le film le plus talentueux jamais fait sur Sherlock Holmes. Le scénario a été tiré de "La Solution à 7%" de Nicholas Meyer qui éclaire de façon magistrale tous les pans de vie restés nébuleux de la vie de Holmes. J'avais déjà adoré le Funny Lady avec Barbara Streisand qu'avait réalisé Herbert Ross, ainsi que Footloose, mais Ross signe ici le chef d'oeuvre absolu de sa carrière. De plus le casting de folie, honneur aux dames avec la fabuleuse Vanessa Redgrave (Camelot, Le Crime de L'Orient-Express, Retour à Howards End, Le Vent dans les saules, Looking for Richard, Mrs Dalloway, Deep Impact, Oscar Wilde, La Comtesse Blanche... ) qui joue ici une Lola Deveraux magnifique, un Laurence Ollivier méconnaissable en professeur Moriarty, tellement méconnaissable d'ailleurs qu'à chaque fois je me laisse prendre à me demander "Mince suis-je bien certaine que c'est lui ?" (au passage il était formidable dans : L'Invincible Armada, Les Hauts de Hurlevent, Orgueil et préjugés, Lady Hamilton, mon film culte Rebecca, Hamlet, Richard III, Le Prince et la danseuse, Spartacus, Othello, Khartoum, Roméo et Juliette, David Copperfield, Les Trois Soeurs, Le Limier, Un Pont trop loin, Le Roi Lear, Le Bounty...) c'est véritablement un homme caméléon, Robert Duval (La Quatrième dimension, Le Détective, Bullitt, 100 dollars pour un Shériff, MASH, THX 1138, La Légende de Jesse James, Le Parrain, L'Invasion des profanateurs, Apocalypse Now, Les Amants du nouveau monde, Phénomène, Deep Impact, 60 secondes Chrono...) qui fait ma foi un très bon Watson, Alan Arkin (Edward aux mains d'argent, Bienvenue à Gattaca, Couple de stars, Little Miss Sunshine, Max la Menace) et enfin le très convaincant Nicol Williamson dans le rôle de Holmes (Hamlet, La Rose et la flèche, Excalibur, Le Vent dans les saules) je n'arrive pas à m'expliquer comment il n'a pas obtenu plus de rôles au cinéma...  Venons en à l'insubmersible Charles Gray devenu le très officiel frère de Holmes dans la majorité de la production ciné et télé sur le sujet en effet, il a commencé sa carrière en temps de Mycroft ici dans ce film, certains m'ont dit qu'il avait joué précédemment Mycroft sur scène mais je n'ai pas de preuve de cela, ensuite il incarnera le frère Holmes dans toute la série Granada avec Jeremy Brett, sans oublier de nombreux téléfilms où il se verra de façon permanente incarner ce personnage. C'est oublié qu'il avait joué dans L'Homme invisible, La Nuit des généraux, On ne vit que deux fois, Cromwell, Les Diamants sont éternels, The Rocky Horror Picture Show, Le Miroir se brisa, La Taupe. A eux seuls ces 6 acteurs regroupent la moitié des films les plus incroyables des productions hollywoodiennes et londoniennes des 70 dernières années, c'est impressionnant de les voir réunis dans ce film en tout cas. L'atout français humoristique de ce film viendra de l'interprétation de Régine qui pousse la chansonnette grivoise dans son claque avant de proposer des services à Holmes outré et à un Watson interessé. 
Des trois romans de Nicholas Meyer sur Holmes c'est sans nul doute le meilleur et dont le titre La Solution à 7% est le plus finement trouvé, je n'ai d'ailleurs pas compris pourquoi en France nous nous sommes retrouvés avec un titre aussi navrant que Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express... 
La musique est géniale et est due à Stephen Sondheim (Sweeney Todd, A Little Night Music, Stavisky, Wets Side Story...)  et à John Addison (Poirot joue le jeu, Le Rideau déchiré, La Charge de la brigade légère, Le Limier, Le Pirate des Caraïbes, Un Pont trop loin , The Murder of Sherlock Holmes...). 
Ce film a eu deux nominations aux oscars en tant que meilleur création de costumes ce qui est très vrai, il méritait même le prix, et la meilleure adaptation, ce qui est vrai également, n'étant jamais mieux servi que par soi-même c'est Nicholas Meyer qui a écrit le roman et qui a signé le scénario, ce qui est assez rare pour être noté. 
L'aspect technique du film était formidable, les plans magnifiques et des cadrages parfaits, les scènes de délire de Holmes sont tout à fait surprenantes et l'atmosphère y est tout à fait particulière et sent réellement le XIX ème, ce qui est un exploit étant donné qu'en 1976 une révolution de la manière de tourner les films d'époque allait noyer une partie du charme edwardien sous un flot de flonflons et paillettes fluos propres aux années 1980 qui se profilaient déjà à l'horizon. 
Si je ne devais recommander qu'un seul film Holmésien aux néophytes, je recommanderais celui-là tout est brillant et parfait. 
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