lundi 19 septembre 2011

SF BRA A.- Fahrenheit 451, Ray Bradbury, Gallimard, 2010, 1953

Note : Grrrrrrrrrr

L'histoire
Montag est pompier. Son métier est de brûler des livres. Par délation les pompiers sont mis au courant de l'existence de livres dans un foyer et sont en charge d'aller brûler indifféremment, livres, maisons et propriétaires si ces derniers veulent rester parmi leurs biens. Mais un jour Montag prend conscience de ses actes, que contiennent les livres qui vaille la peine d'être brulé ? 

Mon avis
J'ai toujours soutenu à quiconque qu'en SF mes livres préférés étaient dans cet ordre : 1984, Fahrenheit 451,  Le meilleur des mondes et Nous autres. Ce livre est mon livre d'adolescence, je l'ai lu de nombreuses fois en ayant toujours l'impression d'avoir un autre livre entre les mains. Dystopie suprême il décrit une société où tout va soit disant bien, les gens travaillent, "s'amusent" et on perdu toute notion d'humanité, la "télévision" ayant pris le contrôle de toutes les maisonnées. Plus personne n'éprouve le besoin de réfléchir puisqu'on le fait pour eux. Dans le même temps Bradbury nous décrit une société de dénonciation, où chaque voisin s'épie. Bradbury nous parle de bonheur, on voit bien que les gens ne sont pas heureux même s'il entretiennent une image de bonheur car on nous dit que depuis que depuis quelques années les gens se suicident de plus en plus. Le vrai bonheur a été remplacé par une illusion de bonheur générée par la télévision. On n'agit plus, on a l'illusion d'agir. La lecture peut-être interrompue pour mieux appréhender un concept mais les programmes télévisés eux, continuent et ne peuvent être arrêtés, les hommes ne réfléchissent plus. Au point que les personnes qui marchent dans l'herbe, hument des fleurs, admirent la nature sont jugés antisociaux et un jour ils finissent par disparaître au désintérêt de tous. Un monde où le livre n'existe plus est décrit comme un monde où le peuple a cessé de penser, un peuple qui a céder ses voix au pouvoir en place. Dans un second temps, le peu de personnes qui "pensent" par elles-mêmes et osent lire n'unissent pas leurs forces, jai toujours exécré le personnage de Faber pour cela. Je crois que moi aussi j'aurai agi comme Montag face à l'absence de volonté d'engagement du vieil homme. Un des passages que je préfère est quand Montag demande à sa femme si "la famille" l'aime vraiment, si elle sait vraiment ce qu'est l'amour.
Non seulement, ce livre me parle à moi de totalitarisme, d'extrémisme mais aussi du maccartisme et de ses chasses aux sorcières.  
Ce livre me semble être le cousin d'Amérique de L'étranger de Camus, j'y vois une parenté, une absence de bonheur, de malheur, de tout sentiment, chez ces deux héros au départ, mais Bradbury est plus gentil avec son personnage en l'élevant à la révélation. Ce roman est tellement riche que je vois mal comment en parler ici. La première fois que je l'ai lu je me rappelle m'être dis que "lire rend libre" depuis c'est devenu mon credo, je me rappelle aussi l'avoir lu un peu comme un livre d'aventure où le héros prisonnier d'une cage sociale devait s'échapper de peur de voir son esprit mourir. Des années après et plusieurs lectures plus tard je le vois comme un livre de philosophie, une de ces histoires qui éveille et aiguise notre perception des choses.


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