vendredi 30 juillet 2010

DVD SEP A.- Les Sept samouraïs, Akira Kurosawa, 1954

Note : Grrrrrrrrrr

L'histoire
Dans le Japon du XVII ème siècle, un village de paysans est cruellement ponctionné chaque année par les brigands qui viennent récolter leur dû lors des moissons, , ne laissant rien pour survivre aux paysans. Un groupe de paysan va chercher des samouraïs souhaitant travailler pour eux contre... un bol de riz.

Mon avis
Un grand film, symbole du Japon par excellence et métaphore du pays. J'ai eu la chance de le voir en version originale sous titrée et dans sa durée de 3h20, croyez moi je ne les ai pas vu passer, ce film est d'une richesse et d'une densité hors du commun. Chaque individualité y est dépeinte avec une précision incroyable et cependant laisse la place à l'histoire de se développer habilement et extrêmement intelligemment en une fresque épique. Ce qui est magnifique n'est pourtant pas tant la galerie de personnages que la relation qui les lies les uns aux autres. La symbolique de l'étendard m'a laissée baba. Ainsi que la scène où dans le camps des brigands le mari reconnait sa femme devenue prostituée de ses tortionnaires et qu'elle préfère les flammes du brasier que la honte qu'elle ressent face à son mari. Et que dire de la magnifique scène où le jeune premeir est subjugué par les fleurs des champs et où l'on ressent tout à la fois la fragilité des choses et l'esprit de profiter du moment présent avant la guerre qui s'annonce.Je suis une ignorante en ce qui concerne les noms des plans et autres cadrages pourtant toute la technique que l'on sent si laborieuse dans la plupart des films coule ici comme un fleuve tranquille, les jeux avec le feu tout au long du film sont magnifiques, je me faisais la remarque dans le dernier Robin des bois (ce nanard de grandeur internationale) qu'il était certainement rtrès difficile de filmer le feu avec élegance, je vois en fait que cela nécessite du talent et dans ce film c'est le cas. Ensuite j'aqi compris certains hommages qu'adressait Takeshi Kitano aux films de Kurosawa au travers de la musique finement distilée durant tout le film et cette scène magnifique de percussions et de chants dans les champs que Kitano a repris dans son Zatoïchi.
Kurosawa mêle habilement la farce, l'humour noir, fin, le trait d'esprit, la philosophie, la tragédie comme le meilleur des dramaturges
J'ai adoré le personnage de Takeshi Kimura, de manière générale tout le film tente de répondre à la question : Qu'est-ce qu'être un héros ? En fait, les rônins défendent des vulgaires paysans sans le sou et pas des seigneurs riches et puissants ce qui change grandement la donne, on s'aperçoit de ce que veut dire Kurosawa au début lorsque le premier samouraï cherche à en recruter d'autres, très peu de rônins veulent se battre pro honoris et pour le peuple, ils vendent plus leur vie qu'ils ne la mettent au service d'une noble cause, ainsi nous avons une dichotomie parfaite entre ce qu'est un héros au sens moral d'un vulgaire combattant.

Quelque chose m'a surprise également c'est le partage qui s'opère entre paysans et rônins malgré leur différence sociale les uns et les autres apprennent et changent sous nos yeux.Takashi Shimura


Toshiro Mifune

Les deux meilleurs acteurs du film
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