mercredi 19 janvier 2011

TV SHE A.- Sherlock, Paul McGuigan, Steven Mofatt, Mark Gatiss 2009


Note : Grrrrrrrrrr

L'histoire
Sherlock Holmes est un détective connu de Scotland Yard et au talent redouté par les malfrats. Sociopathe, exaspérant, observateur. Sherlock est un homme du XXIème siècle, adepte du portable, de la  WiFi et adepte des sciences forensiques dernière génération. 

Mon avis
Lorsque j'ai appris l'apparition sur nos écrans d'une nouvelle série intitulée "Sherlock" et qu'elle se passerait au XXIème siècle, mon côté ultra-intégriste s'est réveillé en hurlant que j'allais envoyer les quatre cavaliers de l'apocalypse aux basques des odieux infidèles qui osaient commettre une telle injure. MAIS, voilà que j'apprends, que c'est non moins que les nouveaux scénaristes de Doctor Who (meilleure série punko-chapienne-dalekienne du monde) qui débarquaient tous les deux sur ce projet. Et là ma tension est redescendue à 18 (c'est encore trop direz-vous docteur, mais je n'étais toujours pas rassurée). Arrivent les premières infos, plutôt bonnes, il n'y aura que trois épisodes par saison, les collectionneurs holmésiens se feront donc une joie de dilapider leurs économies en coffrets cadeau de luxe en fin d'année prochaine ; ce qui est rare est cher bien entendu. Deuxième info qui me tombait entre les pattes c'était une fois de plus la BBC qui chapeautait tout ça, ma tension descendait à 16, encore une série qui ne tombait pas aux mains des Etatsuniens qui en auraient fait ce que l'on sait. Enfin dernière info avant de voir le premier volet de ce triptyque, chaque épisode dure 90 minutes.  Bonnes bases. La page de publicité d'une longueur inconsidérée qui précédait la série m'a permis d'aller trifouiller dans la biographie de nos deux compères scénaristes et réalisateur et là je suis tombée sur les fesses, il y a deux ans j'avais découvert par hasard une série qui "tuait tout" et c'était le cas de le dire : "Jekyll" une version britannico-trash version de L'étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde, transposé de nos jours. Un petit bijou de série de genre à conseiller à tout bon téléphage averti et culturellement obnubilé par le XIXème. Bref, une merveille scénaristique signée Steven Moffatt, eh oui,  celui là même qui a signé les + de 5 saisons du dernier Dr Who incarné par Matt Smith. Mais ce n'est pas tout, Steven Moffat a été recruté par Spielberg lui-même pour réécrire les aventures de notre très cher Tintin dont la première partie sortira en octobre 2011. Ensuite abordons le cas du second scénariste/producteur Mark Gatiss qui a lui aussi co-signé les 5 dernières saisons du docteur mais aussi ayant fait une apparition en tant qu'acteur dans Jekyll incarnant le non moins fameux Robert Louis Stevenson (admirez la mise en abyme ! ). Trêve de de recherche biographique, la publicité était terminée et l'épisode allait commencer. Je ne connais pas du tout le réalisateur, je n'ai donc rien à dire dessus.  Premières secondes ça commence bien, premiers plans avec Watson, détail peut-être, mais preuve que les concepteurs de la série ont lu les livres de Conan Doyle. Grands Dieux, c'est bel et bien Une étude en rouge qui s'intitule ici A Study in Pink ! Well, j'observe, je note, ma tension chute à 14, c'est bien, c'est net, propre et précis, du travail de pro et soudain : l'horreur ! Ma tension remonte un coup à 19 avec l'entrée en scène des patchs à la nicotine... Bon sang, comme si Holmes pouvait utiliser des patchs à la nicotine, comme s'il se souciait des convenances, comme s'il se souciait de qui que ce soit, zéro pointé sur ce coup là aux scénaristes. Bon, faisons comme si l'on avait rien vu... les ajouts sont plutôt bien vus, la petite médecin légiste, Molly Hooper, par exemple où alors la présence du seul ami que Sherlock ait pu se faire en presse papier sur le manteau de la cheminée. Je n'ai jamais vu Benedict Cumberbatch mais il donne à voir un assez bon Holmes même si jamais au grand jamais il n'atteindra l'interprétation de Jeremy Brett. En revanche, j'adore Martin Freeman super jeu d'acteur qui fait un excellent Watson loin des empotés des années 40 et 50. Je l'ai déjà vu quelque part... Après vérification oui il a évidemment joué dans le génial Love actually, il y était d'ailleurs très... drôle... à défaut d'être vêtu.  Rejoins ce petit trio le bon Rupert Graves dans le rôle de Lestrade reconnu et apprécié dans Joyeuses funérailles, V pour Vendetta. Sans oublier Vinette Robinson qui apparait dans DrWho. Fin du premier épisode, et mes conclusions sont 13 de tension, ce qui signifie "peut mieux faire" en temps normal je suis à 10, 6. Mais je suis rassurée car c'est une série excellente et très bien faite. Je grogne car je suis une de ces mono-obsessionnelles qui ne jurent que par Jeremy Brett et qui se serviront ad vitam de cette échelle de valeur pour juger tous les autres. La question à se poser à présent est : Qu'apporte cette nouvelle version aux autres ? Et bien comme pour la tradition médiévale de la reprise, je dirais qu'elle apporte sa propre vision des choses, un Watson qui revient de la guerre d'Afghaistan et qui ne semble plus touché par une mystérieuse balle Jezaïl qui ne parle plus à personne de nos jours (c'est pas faute de ne pas essayer pourtant), un certain don pour renouveler la richesse de ce mythe, de lui donner une nouvelle dimension, d'éviter que l'image de ce héros ne sombre dans une sorte d'étui poussiéreux pour vieux barbons adeptes du clairon. Bref, une modernité. Les bons points sont surtout liés aux concepts britanniques décidément excellents, ils ont tout compris aux séries mythiques depuis Chapeau Melon et Bottes de cuir : On ne mise pas sur la beauté des acteurs (adieu donc l'étrange interprétation de Sherlock par le beau et peu crédible Rupert Everett), c'est très reposant de ne pas voir sur un écran que des bombes platines en stilettos de 10 centimètres sur une scène de crime alors que le soleil de Californie fait briller le chrome de leurs lunettes Dior (les Experts quoi ?),  on mise sur de vrais acteurs (de cette race qui peut aligner deux mots de suite sans adresser à la caméra un mouvement meinte fois répété en croyant donner une personnalité à leur personnage, mais non, je ne vise pas Horatio, ne me faites pas dire ce à quoi je n'ai fait que penser), un brin de charisme, un poil de bons dialogues, un soupçon de Londres qui se pose là comme scène de crime, c'est respectueux de l'oeuvre de Conan Doyle on ne cherche pas à tout prix à faire dire à Holmes "Mon pêcher mignon est les Olives" (mais non je ne vise pas Robert Downey Jr...), des plans qui rappellent ceux de la Granada surtout la mythique ouverture sur la rue de Baker street au générique.  Mieux que le film de Guy Ritchie direz-vous ? oui on peut l'affirmer et le glamour en moins ce qui est dans ce cas là un réel retour aux sources du mythe plus que positif. J'adore l'idée par exemple des inclusions de texte durant la réflexion de Sherlock qui montre bien le cheminement de ses pensées. 
Arrivons à ce que je n'aime pas : l'apparition un peu prématurée de l'ombre de Moriarty qui gâche un peu l'attente de la guest-star littéraire. L'horrible intervention du patch à la nicotine, je ne fume pas et ne fumerai probablement jamais mais ça me vexe que l'on touche à l'intégrité de Holmes comme cela, c'est son truc à lui de fumer, c'est aussi cela qui le rend infecte auprès des autres lorsqu'il embrume son appartement d'une fumée âcre irréspirable que Watson croit bon de faire acte dans chacune des nouvelles où notre limier retombe dans ses névroses, ce sujet va de pair avec : "Mais où est donc passé la dope ?" Bon sang, s'il ne se drogue plus mais que reste t'il de lui ? "Son intellect !" me direz-vous, moui d'accord sur ce point mais je le trouve tout de même un brin ramollit du bulbe, on trouve les réponses avant Holmes... Est-ce que les scénaristes veulent nous faire le coup de "Bravo cher spectateur, toi aussi tu es l'égal de Holmes" ? Peut-être, ce qui serait vraiment novateur, mais qui ferait perdre du coup l'intérêt magique lié au fait que Holmes déduit des choses de ce que nous regardons mais que nous ne voyons pas. Là, je me dis que je grogne pour rien, mais que ça fait du bien de gratter tout de même car personne n'est parfait. Au passage, IL FAUT aller voir les vrais faux sites de John Watson, de Sherlock Holmes, de Molly Hooper et de Connie Prince que la BBC a créé suite à cette série. Du délire au sens stricte du terme, je sens que des milliers de personnes vont comme de tradition envoyer des lettres au 221B Baker Street après avoir vu ces sites... Au passage je préfère celui de Watson et de Molly Hooper qui font plus vrais que celui de Holmes qui est trop gadget, trop design, trop chaleureux, pas assez scientifique et trop "interactif" pour correspondre vraiment au Holmes que nous connaissons tous. 
Voici les adresses : 

Bon alors tout de même une remarque après avoir visionner l'épisode The Blind Banker, Sherlock Holmes s'est planté !!! si, si j'insiste avec la fiche du livre emprunté à la bibliothèque. Je ne dis rien à vous de trouver pourquoi mais LE VRAI Sherlock n'aurait pas commis une telle bévue... 



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