dimanche 28 août 2011

F HAR A.- Le livre perdu des sortilèges : Au commencement étaient la peur et le désir, Deborh Harkness, Ed. Calmann-Lévy, 2011


Note : Grrrrrrr

L'histoire
Diana est historienne de l'alchimie. Déterminée, elle passe ses journées dans les bibliothèques afin de parcourir les textes anciens et travailler sur les diverses représentations symboliques de cette ancienne science. Mais un jour alors qu'elle demande un livre, ce dernier a une réaction à son toucher. Diana essaie de balayer cet événement, après tout elle a du sang de sorcière dans les veines, même si elle ne pratique pas la sorcellerie comme ses tantes, de temps à autres ces choses arrivent. Mais l'historienne est loin de se rendre compte du cataclysme en chaine que ce simple incident va avoir sur sa vie. La première répercussion va être d'attirer l'attention de Matthew Clairmont, qui n'est rien de moins qu'un vampire craint et respecté. Tout irait pour le mieux si une curieuse société secrète réunissant sorciers, vampires et démons ne se lancent à ses trousses, persuadés que Diana possède ce que tout le monde cherche. 

Mon avis
J'ai mis trois semaines à lire ce livre... il possède 517 pages certes mais il est addictif et je ne m'explique donc pas le temps que j'ai passé dessus, cela est en soit un mystère. J'aurais eu tendance à dire au départ "Mince encore un livre de bit-lit" et c'en est effectivement un car l'héroïne passe son temps dans les bras de son vampire hyper protecteur en train de dormir, de manger et de boire du vin. Ce serait d'ailleurs amusant de compter les pages où notre héroïne est sur ses deux pieds. Vous me direz "Mais je ne comprends pas c'est une critique négative ça ? Alors pourquoi cette note ?" Je ne porte pas dans mon coeur plus que cela cette héroïne mollassonne et très demoiselle en détresse mais je me suis passionnée par le cadre universitaire dans laquelle baigne le roman. Les vieilles bibliothèques dégueulant de manuscrits tous plus précieux les uns que les autres me font fantasmer. De plus, toutes les références citées sont réelles et ce n'est pas peu dire lorsque l'on parle d'alchimie. Je m'étais moi-même penchée sur le sujet durant mes études universitaires c'est donc avec un certain plaisir que j'ai retrouvé quelques noms familiers et par l'ambiance générale qui est vraiment celle des grandes bibliothèques. Chose non négligeable à ajouter à cela, la France est largement citée et qui plus est correctement par une Américaine, les passages en vieux français sont exacts et je m'étonne d'avoir une telle qualité dans l'historicité des événements, des lieux et des langues utilisées. Je féliciterais donc bien l'auteur de ce roman pour le soin apporté à tous ces petits détails. J'aurais souhaité lui mettre une meilleure note mais il manque quelque chose à la fin, le roman a tendance à se terminer en queue de poisson, peut-être qu'une suite est envisagée mais aucun des problèmes soulevés ici n'est résolu. J'ai beaucoup aimé la trame "roman de chevalerie" avec la tendance fin'amor instillé dans la cour de Matthew. bref, c'est un roman à lire par tous en toute confiance.  
Sur les traces de la tabula Smaragdina, Tabula chemica et autres traités alchimiques et sorciers j'ai été contente de voir le nom de L'Aurora Consurgens (daté environ de 1420 pour l'exemplaire le plus ancien ressencé) ressortir de ce texte, je ne peux m'empêcher de mettre ici une des enluminures de ce texte qui reprend plusieurs symboles pour lesquels j'ai de l'affection : 


J'ai appris également le nom de Bourgot Le Noir qui était la fille d'un enlumineur et qui a produit elle même de petits chefs-d'oeuvre de finesse. Du coup, cela m'a donné envie d'en savoir plus sur cette femme. Je vais donc faire des recherches dessus dés que j'en trouve le temps. Ce livre m'a donné envie également de lire Giordano Bruno dont j'ignore tout. L'occurence du mot Manjasang en ancien français m'a bien fait rire car je crois qu'ici aussi dans mes montagnes on appelle les vampires ainsi, le fait de retrouver ce mot issu de la culture populaire locale dans un livre américain m'a fait la même impression que si je visitais le Louvre et que je découvre soudain dans une vitrine une de mes pantoufles. Le coup également de l'ADN mitochondrial est très fort et bien que loin de mon domaine de prédilection j'ai été très intéressée par ce qui en a été dit. A noter au passage que Matthew possède dans sa prorpre bibliothèque "la collection des Sherlock Holmes et Excalibur, l'épée dans la pierre de T.H. White" me convaincant à la page 216 que ce livre décidément m'était destiné. La remarque précédente a pris toute sa résonnance lorsque  l'un des personnages cite William Blake auquel j'ai fortement pensé en créant ce blog avec ce vers : "Tigre, tigre qui flamboies / Dans les forêts nocturnes.". De plus cela fait un bon point final à ma fiche de lecture je trouve. 
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