lundi 27 décembre 2010

DVD BRI A.- Bright Star, Jane Campion, 2009

Note : Grrrrrrrrrr


L'histoire 
La jeune Fanny Browne passionnée par la mode et les vêtements entame une liaison amoureuse avec un jeune poète : John Keats. Ce dernier a du mal à créer et ses amis l'incitent à ne pas côtoyer Fanny qu'ils pensent éthérée et éprise d'elle même plutôt que du poète. Malheureusement la condition sociale du jeune homme est un frein à leur amour ainsi que l'amitié du jeune homme pour Brown un homme emporté et grossier qui essaie tant bien que mal d'éloigner les deux amoureux. Pourtant un jour Keats tombe malade.

Mon avis
On a l'impression du début à la fin du film de "voir  un poème". L'esthétique impressionnante basée sur les sens, la perpétuelle présence de la nature à l'image de l'affiche du film, la scansion des images trés étudiée comme une forme poétique, la lumière très particulière étudiée comme certains tableaux de grands maîtres, tout est fait pour vous placer au coeur du poème lui même, d'ailleurs la partie de déclamation est très bien utilisée ce qui est moins évident qu'il n'y parait ; bien des films sont ridicules car les poèmes sont posés de façon outrageante en plein milieu d'une scène.  Bref, c'est un film magnifique pour les amateurs d'histoires vraies tragiques et d'art du XIXème. L'actrice est formidable, Abbie Cornish incarne à la perfection la Brillante étoile du poème et semble posséder une lumière qui imprime le film de façon magistrale. Une dernière chose, je ne sais pas si vous avez remarqué mais au moins la moitié de la production de films en costumes comporte un point que je ne supporte pas on dirait que les costumes sortent directement des ateliers (exemple : le navrant Arsène Lupin avec Romain Duris), du coup, les acteurs ne savent pas du tout jouer avec et se retrouvent enfermés dans un carcan rigide qui les obligent à prendre des mimiques de pantins effaçant toute trace de naturel propre à la vie quotidienne. Ici les costumes sont formidables, aussi bien les vêtements de nuits que la pauvre veste tire-bouchonnée de Keats, tout parait naturel et le costume en lui même s'efface pour laisser la place au jeu. Je ne résiste pas à l'envie de retranscrire ici le poème de Keats pour sa Fanny en 1819.  


 Brillante étoile ! Que ne suis-je comme toi immuable,

Non seul dans la splendeur tout en haut de la nuit,
Observant, paupières éternelles ouvertes,
De la nature patient ermite sans sommeil,
Les eaux mouvantes dans leur tâche rituelle,
Purifier les rivages de l’homme sur la terre,
Ou fixant le nouveau léger masque jeté
De la neige sur les montagnes et les landes-
Non-mais toujours immuable, toujours inchangé,
Reposant sur le beau sein mûri de mon amour,
Sentir toujours son lent soulèvement,
Toujours en éveil dans un trouble exquis,
Encore son souffle entendre, tendrement repris,
Et vivre ainsi toujours-ou défaillir dans la mort. 

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