jeudi 22 septembre 2011

SF ORW A.- 1984, George Orwell, Gallimard (Folio), 1949, 2001

Note : Grrrrrrrrr

L'histoire
Londres, 1984. Le monde est divisé en trois Etats-Pays en guerre. Mais il existe aussi au milieu de tout cela le quart monde, dont personne n'aime à évoquer l'existence. Lors d'une journée froide et claire Winston Smith employé de l'Angsoc au Ministère de la Vérité dont le travail d'Archives est de faire coller l'histoire à "la vérité" du Parti, prend soudain conscience que finalement il n'est pas comme les autres, que lui, l'employé moyen n'est pas dupe du bourrage de crâne des dirigeants. Winston croise Julia membre éminent de la ligue anti-sexe. Soudain dans une société totalitaire l'amour nait. Après la lecture du livre de Goldstein, toutes les manipulations leurs sont révélés, arrêtés et emmenés au Ministère de l'Amour à quoi devront-ils s'attendre ?

Mon avis
Au royaume de la SF voilà LE roman qui arrive en tête pour moi et de loin. Dans l'Empire du roman il arrive dans mon quinté de tête. S'il est inspiré du Nous Autres de Zamiatine je le trouve plus profond encore dans sa réflexion sur la société de son époque car il parle non seulement du stalinisme, du fascisme et du nazisme mais il nous parle à nous lecteurs de toutes époques, de nos réactions de petits êtres étriqués enfermés dans la boîte du quotidien largement manipulée et estampillée par les hauts dirigeants politiques qui nous entourent. Orwell est pour moi un grand visionnaire, de la propagande aux télécrans en passant par la banalisation des totalitarismes qui petit à petit repoussent les limites de leurs pouvoirs, il a tout vu, tout compris, tout analysé. J'aurais pu dire en référence à mon second roman préféré de SF que j'étais un Montag qui marchait seul dans les flammes lorsqu'il m'offrit à 19 ans la révélation de son texte qui m'a permis d'ouvrir les yeux sur beaucoup de choses. A la même époque je découvrais pour la première fois le film Brazil magnifique hommages aux romans de dystopie et en particulier à 1984. Que ne donnerais-je pas pour recouvrer un peu des frissons que m'a procuré ce livre à 19 ans ! Plus tard dans mon cursus universitaire nous avons étudié ce roman. J'ai gardé le roman de poche que j'avais acheté pour l'occasion largement annoté à grand renfort de crayon et de fluos, parmi les phrases surlignées je suis tombée sur une phrase peut-être anodine mais qui n'a eu de cesse de me tourmenter longtemps : "On devait vivre, on vivait, car l'habitude devient instinct " puis beaucoup plus loin "Personne n'a jamais vu Big Brother. Il est un visage sur les journaux, une voix aun télécran. Nous pouvons en toute lucidité, être sûrs qu'il ne mourra jamais et, déjà, il y a une grande incertitude au sujet de sa date de naissance. Big Brother est le masque sous lequel le Parti choisit de se montrer au monde. Sa fonction est d'agir comme un point de concentration pour l'amou, la crainte et le respect, émotions plus facilement ressenties pour un individu que pour une organisation. ". 


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