dimanche 20 novembre 2011

P MAN A.- Au bout des avicennia morts... .- Eric Mansfield, Le Vert-Galant, 2007, 10€


Note : Grrrrrrr

L'histoire
Des mangroves aux bois maintenant morts, en passant par la société de consommation, dans la lignée d'Edouard Glissant et de sa Lézarde un chant de révolte s'élève niant la négation d'un peuple insulaire bien souvent méprisé de la métropole. Ce long chant se résume par la phrase de Glissant : 
" Notre paysage est notre propre monument :
la trace qu'il signifie est réparable par dessous. 
C'est tout histoire"

Mon avis
"Eric Mansfield nous offre à voir" je voulais commencer ma chronique par ces quelques mots car ils sont signifiants. Je me rappelle de mon choc esthétique le jour où j'ai découvert Senghor puis plus tard lorsque j'ai découvert Césaire et enfin ma prise de conscience micellaire lorsque j'ai lu les textes rhizomiques de Glissant. Eux aussi nous offraient à voir une peinture de leur pays, un paysage tourmenté à l'image de leurs héros.  Et après eux, plus rien. J'avais longtemps cherché à lire de la littérature parlant de la négritude ou de la littérature révoltée insulaire sans pour autant retrouver les mêmes sensations. Et puis voilà que l'on m'envoie le livre d'Eric Mansfield. Je ne le connais pas mais j'avais déjà lu quelques textes chez Le Vert-Galant qui étaient plutôt pas mal sans pour autant m'avoir convaincu totalement. Or ici Eric Mansfield nous montre la pourriture, la végétation attaquée par des insectes grouillants et pratiquement invisibles,  la mangrove mourante, l'uniformisation d'une culture qui meurt et qui se pare de parfums d'essence. La nature est oubliée des hommes et les hommes s'éloignent de leur nature, peu à peu les avicennia meurent et la société s'étouffe dans une végétation à l'agonie, prédisant la chute inéluctable.
La chose qui m'a toujours beaucoup marqué est cette familiarité étrange que ressent entre ces portraits torturés des îles et ce que je ressens moi-même ici à des milliers de kilomètres.  Il existe peut-être un cousinage entre ceux des mangroves et ceux des pierriers de mes montagnes, deux peuples végétaux et minéraux tout à la fois qui voient leurs racines peu à peu mises à mal par l'uniformisation mondialisante et les exigences sociales. Un mystère de plus à résoudre.
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